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ENTRETIEN - Mondial U17, Georginio Rutter : "Avant, je ne faisais peut-être pas tout ce qu'il faut"

Mon 11 November 2019 | 7:30

EXCLU GOAL - Décisif au Mondial U17 avec les Bleuets, Georginio Rutter (17 ans, Rennes) a travaillé sur plusieurs aspects pour retrouver la forme.

Georginio Rutter a été le premier 2002 à intégrer l'équipe première du Stade Rennais. Avant son ami, , qui s'est installé depuis dans le onze titulaire de Julien Stéphan. L'attaquant, lui, n'a pas encore joué en L1 et se trouve actuellement au Brésil pour disputer la Coupe du monde U17 avec l'équipe de France, qualifiée en quarts. Il a inscrit deux buts depuis le début de la compétition et espère maintenant aller au bout. Un objectif évoqué pour Goal dans un entretien riche où il s'est confié avec sincérité sur les difficultés qu'il a pu rencontrer à Rennes ces derniers mois.

Après une telle démonstration en huitièmes contre l'Australie (4-0), comment se sent-on ? On se sent fort ?

Georginio Rutter : C’est sûr qu’on se sent en confiance. On est tous très contents parce que l’objectif pour nous depuis le départ c’est d’aller le plus loin possible. Il ne faut pas qu’on relâche nos efforts. On doit préparer l’Espagne sérieusement.

Aujourd’hui, vous avez comme seul objectif de ramener le titre non ?

On n’a que ça en tête. Mais la compétition est loin d’être terminée encore. On ne doit pas se voir trop beau trop vite.

Quels bénéfices tirez-vous de votre participation à la Coupe du monde U17 ?

Ça m’apporte de la confiance. En plus, c’est une fierté. Mes parents me voient avec le maillot des Bleus, du coup je suis content.

Votre famille est au Brésil justement.

Oui, il y a ma maman, mon père, mon petit-frère et ma tante.

Vous sentez-vous redevable vis-à-vis d’eux aussi ?

C’est toujours important d’avoir sa famille auprès de soi. Ce sont des personnes qui nous soutiennent, et qui nous donnent de la force. Ma famille a beaucoup donné pour moi, et je me dois de leur rendre en retour.

"Je suis un petit peu comme un grand frère"

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd'hui, sachant que vous êtes souvent sur le banc malgré vos 45 sélections ?

C’est une question de mental. Mais je vis ça comme une force, je m’inscris dans le collectif. Tout ce qui m’importe, c’est l’équipe. Que je sois remplaçant ou titulaire, je ne me plains pas tant que le coach a confiance en moi.

Vous ne le vivez donc pas comme un coup d’arrêt, même si tout a été très rapide...

C’est allé vite, mais dans le foot il y a des hauts et des bas. Il faut savoir se relever et s’accrocher.

Arnaud Kalimuendo, l'habituel titulaire, est monté en puissance avec le PSG et l’équipe de France. Comment ça se passe entre vous deux ? Vous avez une bonne entente ?

Ah oui, on a une bonne entente. Je ne l’envie pas du tout, c’est juste une question de concurrence. En dehors comme sur le terrain, on s’entend super bien.

En mars, le sélectionneur Jean-Claude Giuntini vous citait parmi les trois capitaines de l’équipe avec Lucien Agoumé et Tanguy Kouassi, êtes-vous encore l’un de ses principaux relais ?

Je pense que oui. Même les joueurs me le disent. . Je suis un petit peu comme un grand frère. J’ai ma joie de vivre. Quand quelqu’un n’est pas bien, j’essaye de le réconforter. C’est important parce qu’il faut que les joueurs se sentent bien, qu’ils aient la bonne humeur. Si je peux leur apporter ça, je suis content.

Vous prouvez également qu’on peut compter sur vous sur le terrain. On sent un vrai apport à chaque entrée et le fait d’être sur le banc ne semble pas vous inhiber.

Pas du tout. J’essaye de rentrer du mieux possible dans mes matches, en apportant tout de suite quelque chose à l’équipe. Je me dois d’avoir un bon état d’esprit vis-à-vis de mes coéquipiers.

"J’ai travaillé sur ma nutrition et le sommeil aussi"

Avec Rennes, il a aussi fallu digérer la signature de votre premier contrat pro à 16 ans, l'intégration au groupe, puis une blessure et un retour par la case U19. C'était dur ça ?

J’ai un petit peu cogité oui, mais je me suis tourné vers ma famille, qui m’a permis de rebondir. Quand on est à Rennes, on est parfois éloigné. Ils étaient là pour me réconforter et petit à petit j’ai fait ce qu’il fallait pour revenir au plus vite sur le terrain. J’ai travaillé sur ma nutrition et le sommeil aussi. Il y a beaucoup de choses qui ont joué, mais au final je suis content d’avoir connu cette mauvaise passe parce je suis revenu plus fort encore.

Vous avez l’impression qu’avant vous ne faisiez pas les efforts nécessaires ?

Je ne dirais pas que je ne faisais pas les efforts, mais je ne faisais peut-être pas tout ce qu'il faut. Aujourd’hui, j’ai trouvé le juste milieu, ça va mieux, je suis en forme, donc c’est bien.

Quand vous voyez Eduardo Camavinga et Yann Gboho en Ligue 1, ça ne vous démange pas un petit peu de retrouver les pros ?

Je suis content pour eux déjà. C’est une fierté de voir mes potes jouer. Même Yann, il a marqué. Après, ça donne envie c’est sûr. Mais je reste focus sur le Mondial.

Avez-vous des échanges avec Julien Stéphan de temps en temps ?

Ça arrive qu’on ait des discussions. Le club fait des suivis et le coach Stéphan peut être amené à discuter avec moi ou d’autres joueurs. C’est un bon entraîneur, un bon tacticien. Il communique bien aussi. On a une bonne relation.

Propos recueillis par Benjamin Quarez


source: SportMob
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